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When I first saw her, she was looking at her cell phone. 40 minutes later, she was still there, and still checking her emails/WeChat or Weibo. She seemed like the saddest girl in the world. She was waiting for someone to come to her. In this luxury mall where rich men come to meet pretty girls, she was all alone.

I asked her to pose for me and she kindly accepted .  I am the biggest fan of Beijing’s girls creative sense of style but this time I was first taken aback by how ‘off’ she was. That fugly childish hat, brand new and flat as a biscuit. The hair so perfect coiffed that I sensed it was probably a wig. The Hervé Léger blue dress, so perfectly inappropriate  authentic or not, was not meant to be paired with the checkered sneakers and the pale denim shirt.

Lorsque je l’ai aperçue, elle était plongée dans son portable. Quarante minutes plus tard, elle était toujours seule devant son petit yaourt, toujours les yeux rivés sur son portable et semblait s’ennuyer à mourir. Personne n’était venu l’aborder dans ce mall de luxe oú certains hommes d’affaires richissimes chinois viennent ‘chercher’ des ‘daughters’ à entretenir.

Finalement, je me suis approchée pour lui demander de poser pour moi. Si je suis toujours enthousiaste quand à l’esprit rebelle et le style souvent créatif des « Belles du Jour » que je photographie quotidiennement, celle-çi était si « off » que j’en suis restée bouche-bée.

Cette casquette bleue, criarde et infantile, au gros monstre bleu était visiblement neuve. Plate et incongrue elle était posée sur des cheveux si lisses, si plaqués qu’ils semblaient être une perruque. Sa robe Hervé Léger, authentique ou pas n’était jamais destinée aux baskets imprimées ni à la chemise de jeans nouée.

She was pretty, sure, but in a totally artificial way and the evident effort she put in creating her face made her loneliness all the more poignant. The eyes were hidden behind large blue contact lenses that Asian girls like to look like a Manga.

Perfectly applied eyelashes made her eyes even more strange. Her perfectly created face was lovely but so ‘plastic’ that my heart broke a little when I thought of all the violence she had to get through to look like this. Perfection demands a high price, in blood. She did not speak, she just posed and smiled.

The Chinese beauty aesthetics are a bit different from ours. Pale skin, the paler the better, big eyes, a long narrow face with a pointy chin and a small nose, a big forehead. They start to look like their nasty nickname « snake face »… Yes, a little.

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Les pupilles noires étaient cachées par des lentilles bleutées ‘grossissantes’ qui donnent aux filles des faux-airs de Manga. Les faux-cils parfaitement posés lui faisaient des yeux de velours. Son visage fin… Joli, enfantin, doux et si refait, si figé qu’elle m’attrista. Quelle violence s’est-elle imposé au visage et au corps pour ressembler autand à cette petite poupée? La peau pâle, le corps mince, elles ressemblent souvent aux poupées. Certaines se font rallonger le visage et les autres les comparent aux ‘Serpents’ – Snake face. Le menton long et pointu, les yeux en amandes, le nez minuscule, le front bombé, il y a effectivement un peu de ça.

Elle ne me parla pas, se contentant de poser et de changer de poses rapidement et gentiment.

checkered

The Luxury business in China is driven by men. They are the ones buying expensive cars, watches, alcohol, designers leather goods and designer gear. They spend like there is no tomorrow because for many there will be none. If the money is truly considerable, their wives and children are often out of China. So the men are lonely. They go to luxury malls looking for ‘Daughters’ they can hire to be their escort.

For some girls, it is a job and that tradition is even older and more common than in France. « Daughters » Concubines… many names for the same transaction. Youth and beauty in exchange for apartment, cars, jewels, designer clothes and no job security.

felix

Sometimes, when I want to photograph a ‘Belle du Jour » she turns around and asks permission to the -usually – older fatter – man that is following her. He often chuckles and agrees, tremendously pleased with himself that the ‘foreigner’ that I am deems his girlfriend pretty enough to be photographed. He paid for the Chanel she is sporting, for the Bvlgari watch, for the designer dress, so she has to ask. He always steps aside to avoid being on the photo. This ‘other’ factor in the Asian luxury market is often ignored but it is quite real.

Good luck Sweetheart. The city is big and the competition quite fierce.

L’industrie du luxe en Chine est avant tout une histoire d’homme. Ils achetent plus de vêtements que les femmes, consomment plus de voitures de luxe, de montres, de maroquinerie, d’alcool, de cigarettes. Ils achetent comme si demain n’existait pas parce que pour beaucoup, tout l’argent du monde est un mirage. Si la fortune est vraiment collossale, alors femme et enfants sont souvent en Europe ou aux Etats-Unis.  Les hommes sont seuls et souvent à Pékin. Un élément important  –  et ignoré – du boom asiatique de la consommation du luxe ce sont les « daughters », ces jeunes concubines qui échangent leurs services contre appartements, voitures et  grands créateurs. Cette tradition  du « deuxieme lit » est encore plus ancrée ici qu’en France.

Parfois lorsque je photographie une belle jeune fille, elle se tourne et demande la permission à celui qui, marchant derriere elle, souvent considérablement plus vieux et plus gros, lui à offert le sac Chanel ou Vuitton qu’elle porte. Il acquiesce toujours avec un grand sourire, se rengorgeant d’avoir une petite amie si belle que L’Étrangère que je suis veuille la photographier.

Bonne chance petite Barbie en Bleu. La ville est grande et la compétition rude.

b.